Christian 03 28 43 69 68
Deschamps 06 81 26 74 36

artiste libre

Made in France

Cameleon

Saison 17 !
Reprise de l'atelier bois
MJC Croix Mardi 19 sept.
                 17h 30 et 19h



 





                   


Gaston COUTÉ

Gaston COUTÉ (1880-1911)

Du rire aux larmes, Gaston Couté poète
de la terre, de la liberté et de l'amour
maîtrisait le génie de la langue comme
personne pour se battre contre
la bêtise humaine.
Voilà pourquoi un siècle plus tard
ses textes restent tellement d'actualité.

CD et livret

Rêve Errance
CD 74 mn + livret 40 pages
17 textes, illustrations et photos
Notes de Lucien Seroux
Prix : 12,00€ port compris

Livret 40 pages

"C’est un bien beau disque que nous offre Christian Deschamps 
par sa remarquable qualité technique
et une interprétation novatrice
 avec sa touche si personnelle et heureuse. 
Grand merci à Christian..."
Jean Couté

1 Le Gâs qu'a mal tourné
2 Mossieu Imbu
3 Le foin qui presse
4 Les p'tits chats
5 Le champs de naviots
6 Après vendanges
7 Les électeurs
8 Les bornes
9 La dot

10 L'idylle des grands gâs
11 L'école
12 Alcide Piédalu
13 Le christ en bois
14 Va danser
15 L'enfermée
16 Les draps propres sèchent
17 Les Mauves (Instrumental)
18 La chanson des fusils

Vidéo : les bornes

Vidéo : Les électeurs

Le Gâs qu'a mal tourné

Un spectacle de 80 mn
Depuis la première mise en scène en 1981 à Nantes,
deux spectacles différents tournent autour de l'oeuvre de Gaston Couté
Possibilité d'un débat/conférence sur ce poète visionnaire.

Pour connaître les disponibilités sur ce spectacle : Contact ici

Christian DESCHAMPS

Reconnu depuis 1975 pour créer des jeux originaux destinés aux enfants et aux "grands" enfants, Christian Deschamps interprète parallèlement
dès 1980, Gaston Couté.
Lorsqu'on entre dans l'univers de Christian, il est très facile de comprendre que ces deux activités ne sont aucunement paradoxales, il a par ailleurs bien d'autres cordes à son arc.
Christian refuse de jouer dans la cour des grands ! Ses puzzles à thèmes parlent de tolérance et de paix, dénoncent le racisme et la pollution.
Il ne fait aucune dissociation entre l'homme et la nature.
Aujourd'hui conteur (il préfère : rat...conteur), Christian via "Caméléon animations", ravit enfants ou adolescents entre Paris et Bruxelles...
Les élèves de ma classe font souvent référence à son intervention.
Sa méthodologie étonne le monde de l'éducation, en effet ses jouets servent de support à une réflexion active.
Adepte du célèbre graphiste MC Escher, Christian conseille de se méfier des images, "faut pas s'y fier" dit-il malicieusement, il incite à forger sa propre opinion et à développer sa force créatrice.
Avant tout poète, Christian écrit ses textes : Shakti l'écureuil, Harmonie en noir et blanc, Chloé et la lune, La main de Coline, Pernette et les deux pantins, Néfast'food...
Avec vingt rêves, il nous prouve que les rêves ne sont jamais vains...
Le mot "rêve" trouve ses origines dans "esver" qui vient lui-même du latin "exvagus" (vague, flou, rêve) et "vague" donne "vagabond", errant, errance...
Rêve Errance ! Gaston Couté : “ce rêve en vers” irrévérencieux...
La maltraitance est abordée, tout comme les peurs ou la cohabitation, les énergies douces, les étoiles ou simplement le temps qui passe, enfin bref :
la Vie, l'Infini...
Christian avec talent et passion prolonge le militantisme de Couté : Ses puzzles sont peut-être de bois, mais ce n'est pas le cas du langage...
Si auprès des jeunes, l'écoute reste sa priorité, la colère et la tendresse de Couté s'expriment sur scène et sur ce disque, pour notre plus grand bonheur. Tel Gaston qui brossait si bien ses tableaux, Christian utilise les mêmes touches de poésie et d'humour...
Assurément ces deux-là sont bien du même crû...
                                                                                                                                                  Elsa

 
 

''Rêve Errance"
Depuis 31 ans (Tiens ! 31 !..) que j’interprète Gaston Couté, je me gardais bien d’enregistrer ses mots de peur de les figer une fois pour toute... Et puis, ma rencontre avec Luc, ingénieur du son - césar pour la bande son de Subway, de Besson - et amoureux de Gaston, m'a décidé... Studio, réglage, micro, mixage !!!

En voici le résultat : plus d'une heure d'enregistrement... Merci Luc !
 Ce soir-là, l'interprétation était ainsi, mais il y a tellement de manières d'aborder tous ces sentiments. Rien ne vaut la scène, le contact direct avec le public qui d'un rire, ou d'un silence rythme les poèmes.

L'émotion d'un soir, tel ce fragile témoignage, rend chaque spectacle unique. 
Merci à vous tous et toutes pour ces précieuses intimités...
Révérence
C'est dans le plus grand respect que je me permets d'interpréter ce visionnaire, 
en étant le plus près possible de lui, en harmonie avec ses idées
dans le quotidien...
 C'est pas toujours facile ! hein Gaston, mais au bout du “conte” quel bonheur !


Rêve

Mon travail de saltimbanque prolonge jusque dans les écoles, lycées ou bibliothèques la poésie de Couté en abordant l'actualité par le biais de l'image...
“...Comme une image !” tel est le titre de mon spectacle actuel...
Errance

En passant par l'artisanat, l'écriture, la pédagogie, le conte, la peinture ou l'interprétation de Gaston Couté, tel un caméléon on pourrait parler d'errance... En fait, tous ces chemins convergent vers le mot "Paix" que les hommes tentent de retrouver en ce début de millénaire.

Ces chemins buissonniers m'ont permis de croiser Lucien et Christiane que je remercie pour cet inestimable cadeau, ce texte perdu dans les greniers du temps :
"La chanson des fusils" qui me correspond si bien ! J'y ai croisé le violoncelle de Nicolas qui compose ici "Les Mauves" du nom de la rivière de Meung sur Loire. Il est vrai que les musiciens y sont privilégiés, de Julos Beaucarne à Morrissey, de Peter Hammill à Môrice Benin... Sans oublier les peintres et graphistes comme Jean-Luc qui réalise ici la mise en page. Entre nous ! nous sommes beaucoup plus nombreux qu'"ils" ne croient,
sur ces chemins parallèles... Mille merci à Jean Couté, Dominique, Benjamin, Laure, Matteo, Jonathan et "Le Vent du ch'min" , éditeur de
ce "Gâs qu'a mal tourné"...
 Alors à bientôt sur d'autres chemins, poussés par d'autres vents...   

                                                                                                                                     Christian Deschamps

Christian ! ... Artisan ? .... Non , non... Deschamps... Pa'artisan... !

La chanson des fusils


Nous étions fiers d'avoir vingt ans
Pour offrir aux glèbes augustes
La foi de nos coeurs éclatants
Et l'ardeur de nos bras robustes ;
Mais voilà qu'on nous fait quitter
Notre clair sillon de bonté
Pour nous mettre en ces enclos ternes
Que l'on appelle des "casernes" :

En nos mains de semeurs de blé
Dont on voyait hier voler
Les gestes d'amour sur la plaine,
En nos mains de semeurs de blé
On a mis des outils de haine...
O fusils qu'on nous mit en mains,
Fusils, qui tuerez-vous demain ?

Notre front qui ne s'est baissé
Encor que par devant l'terre
Bouge, en sentant, sur lui peser
La discipline militaire ;
Mais s'il bouge trop, notre front !
Combien d'entre nous tomberont
Par un matin de fusillade
Sous les balles des camarades ?
Nos yeux regardent sans courroux

Les gâs dont les tendresses neuves

S'essèment en gais rendez-vous
Là-bas,
sur l'autre bord du fleuve ;

Mais un jour de soleil sanglant

Ah ! combien de pauvres galants

Ayant un coeur pareil au nôtre

Coucherons-nous dans les épeautres ?...




Nous trinquons dans les vieux faubourgs

Avec nos frères des usines :

Mais si la grève éclate un jour

Il faudra qu'on les assassine !

Hélas ! combien les travailleurs

Auront-ils à compter des leurs

Sur les pavés rougis des villes

Après nos charges imbéciles ?...



Mais, en nos âmes de vingt ans,

Gronde une révolte unanime :

Nous ne voulons pas plus longtemps

Etre des tâcherons du crime !

Pourtant, s'il faut encore avant

De jeter nos armes au vent

Lâcher leur décharge terrible,

Nous avons fait choix de nos cibles :

En nos mains de semeurs de blé

Dont on voyait hier voler

Les gestes d'amour sur la plaine,

En nos mains de semeurs de blé

Puisqu'on vous tient, fusil de haine !...

Tuez ! s'il faut tuer demain,

CEUX qui vous ont mis en nos mains !...

 

Gaston COUTÉ   (1910)

''La chanson des fusils'' est un texte inédit
retrouvé par
Lucien Seroux ''Le vent du ch'min''
après l'édition des 5 tomes des oeuvres complètes

de Gaston Couté et offert à l'occasion
de cet enregistrement en 2002.


Un gâs qu'a mal tourné...

Le Gâs qu'a mal tourné (Volume 2) • Édition REY • 1938

Article de l'humanité en avril 1938 concernant la sortie du livre

Gaston Couté et la presse               Par Lucien Seroux


On sait que Couté, avant de rejoindre Paris en fin 1898 avait écrit dans diverses publications : le bulletin de la Meunerie française, la Revue Sténographique et Littéraire du Centre et le Progrès du Loiret. Peut-être aussi dans les Aydes fin de siècle, journal littéraire et d'intérêt local paraissant
le 1er de chaque mois, manuscrit et polycopié, qui parut au moins en 1897 ; mais cette revue, dirigée par Lucien Camard, un chansonnier amateur
du groupe des Cigaliers d'Orléans, est introuvable aux archives départementales du Loiret.
Des textes de Couté ont été imprimés, de son vivant, dans divers périodiques, citons :
La Bonne Chanson, Revue du Foyer, Littéraire et Musicale, des éditions Ondet, publiée sous la direction de Théodore Botrel. Le numéro de septembre 1909 publie Les Moulins morts.
À signaler dans le n° 1 de novembre 1907, l'article de Marcel Monmarché, tout entier à la louange du barde apostolique et breton, et qui égratigne
au passage les mauvais poètes : Ah ! il n'en manque pas de faux apôtres qui prêchent en vers et en musique les plus détestables, les plus périlleuses doctrines. Ce sont parfois des sophistes de talent comme le long Jehan Rictus, prêtre anticlérical de je ne sais quel Christ des loqueteux, qu'il ne grandit que pour mieux écraser l'église. Ou c'est Gaston Couté qui fait parler l'âpre paysan beauceron :
<< Si j'étais que d'toué Je m'mettrais curé ! >>
ou qui fait insulter par le chemineau le Christ du carrefour :
<< Christ ed' contrebande, Christ ed' l'église, Christ ed' la loi, Qu'as l'vent' et l'coeur, et tout en bois ! >>

Les Chansonniers de Montmartre, revue éditée par L'Album Musical, avec un numéro spécial consacré à Couté (le N° 7 daté du 25 juillet 1906),
préface du compositeur Maurice Duhamel avec des illustrations de Jules Grandjouan.
Ce numéro contient :
Les gourgandines, Les mangeux de terre, Les conscrits, Grand'mère gâtiau, Au beau coeur de mai, Le gâs qu'a perdu l'esprit, L'idylle des grands gâs... En suivant leu noce, La dot et Mossieu Imbu.

Nos Loisirs, le journal-revue de la famille, le plus complet et le meilleur marché, publie dans son n° 24 du 14 juin 1908 Le Patois de chez nous
(<< Le "Patois de chez nous" est une chanson pittoresque et charmante qui plaira aussi bien à ceux de la campagne qu'à ceux de la ville. >>)
avec la musique de Léo Daniderff.

Le Gil Blas illustré (supplément du Gil Blas) n° 20 du 18 mai 1900, publie la chanson Le Sacrilège impuni dont c'est la première édition, avec la musique de Georges Klotz et un dessin pleine-page de Paul Balluriau.

La Plume indépendante, organe officiel du Carto-Philatèliste Club, du caveau Montmartrois et de l'ordre des Thuriféraires publie dans son N° 17/18/19 du 1er trimestre 1907 : Les Yeux Bleus.

COUTÉ et la presse anarchiste :
Le journal du peuple et Le Libertaire.

Dès son arrivée à Paris en fin 1898, Couté est en contact avec la presse anarchiste et socialiste révolutionnaire. D'avril à décembre 1899 Le Journal
du Peuple de Sébastien Faure publie 4 textes du beauceron : La Chanson des corbeaux (3 avril), Le gâs qu'a perdu l'esprit (1er août), Les Conscrits
(28 nov.) et Le Gâs qu'a mal tourné (déc.). L'hebdomadaire Le Libertaire, dirigé également par Sébastien Faure, publie 5 textes : L'amour anarchiste *, Les taureaux (22 oct.), Chanson de moisson (5 nov.), La tête de mort (13 nov.) et Le christ en bois (20 nov.).
* L'amour anarchiste sera titré l'Amour qui s'fout de tout dans le deuxième volume de La chanson d'un gâs qu'a mal tourné, éd. Rey, 1937.
Le Libertaire : hebdomadaire fondé en 1895 (n°1 du 16 au 22 nov.) par Sébastien Faure. La première série s'arrête avec le n°165 (22 au 28 jan.) Il est remplacé par le Journal du Peuple, quotidien fondé également par Sébastien Faure pendant l'affaire Dreyfus (le n°1 est du 6 fév.99). Il publie 299 numéros (le dernier est daté du 3 déc. 1899). Le Libertaire reprend son édition hebdomadaire (2ème série : n° 166 du 20 1899) alors que le quotidien poursuit sa parution. Ce qui explique que Couté publia dans le quotidien et l'hebdo. Le dernier numéro du Libertaire est daté du 27 juin 1914, la collection complète comprend 925 numéros plus un numéro spécial du 9 oct. 1910. C'est pendant sa collaboration à ces journaux que Couté rencontre Victor Méric et Fernand Desprès qui seront ses amis et l'entraîneront à écrire pour La Guerre Sociale, La Barricade et Les Hommes du Jour. Nous disons bien écrire pour et non publier dans, car il s'agira pour ces trois organes de textes originaux écrits par Couté sur l'actualité.

Gaston COUTÉ
et la presse de sensibilité socialiste-révolutionnaire.

Victor Méric, collaborateur régulier de La Guerre Sociale et Les Hommes du Jour, lance le 4 juin 1910 un nouvel hebdo La Barricade dont il est le rédacteur principal et presque exclusif. Le dessinateur Delannoy est chargé d'illustrer la couverture. Cet organe s'attache les services de Couté qui signe Le Subéziot. En juillet et août, il écrit cinq chansons d'actualité sous le titre générique La semaine rimée : Loupillon 1910 (sur Armand Fallières), Stances à Lépine (sur le préfet exécuteur des basses oeuvres de Clemenceau et Briand), Le dindon de la farce (sur l'affaire Pichereau), Le pain cher
(sur l'augmentation du pain), Délicatesses d'éléphants (sur Fallières). La revue cesse de paraître après dix numéros (le dernier est daté du 6 août 1910). Victor Méric est un ami de Couté. Au début du XXè siècle, il publie, sous le pseudo de Luc, des chansons antimilitaristes dans Le Libertaire, l'une d'elles est reprise dans Le Piou-piou de l'Yonne. Sous ce pseudonyme il est membre de La Muse rouge et du Groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires, et se produit dans des manifestations diverses.

Le 18 décembre 1906, Gustave Hervé publie le n°1 de La Guerre Sociale, avec des collaborateurs de sensibilité libertaire : Almereyda, Méric, Eugène Merle, Louis Perceau, Émile Pouget, Vigné d'Octon, Francis Delaisi, Fernand Després, etc... ainsi que des dessinateurs remarquables par leur engagement et leur talent : Delannoy, Grandjouan, Poulbot, etc. Couté y collabore du 22 juin 1910 au 27 juin 1911. Il meurt le 28, après avoir donné 58 "chansons d'interpellation et de contestation sociale et politique" comme les nomme Serge Utgé-Royo. L'une d'elle lui valut des poursuites judiciaires, qui s'arrêtèrent avec la mort du poète-chansonnier.
Ajoutons que Couté publia dans l'Almanach de la guerre Sociale : Révision, illustré par Grandjouan (en 1910) et Saisons, illustré par Delannoy (en 1911).
Gustave Hervé connaît des difficultés avec certains de ses colaborateurs lorsqu'il commence à retourner sa veste après sa sortie de prison en juillet 1912. Il va tant évoluer qu'en août 1914 il devient belliciste, est abandonné par presque tous ses amis et change même, en 1915, le titre de son journal qui devient La Victoire.

Gustave Hervé, lorsqu'il était antimilitariste, militait dans l'aile gauche du parti socialiste et collaborait au Travailleur socialiste de l'Yonne, dans lequel il publia, en 1900, sous le pseudo Un sans-patrie, un article qui lui valut un passage en cour d'assises, où il fut défendu par Aristide Briand. Il fut acquitté, mais tout de même révoqué de l'enseignement (il était prof' d'histoire). Il continua à collaborer au Travailleur, puis fonda, en 1907, Le Pioupiou de l'Yonne, organe des jeunesses socialistes du département. Ce périodique qui ne paraissait qu'à l'occasion de l'appel de la classe - donc deux fois l'an- encourageait à la désobéissance, à l'insoumission et au pourrissement de l'armée par l'intérieur. Le dessinateur Delannoy y présentait de grands et vigoureux dessins. Durant toute son existence le journal eut des démêlés avec la justice, Hervé y signait également ses articles Un sans-patrie. Couté collabora au n°13 d'octobre 1910 avec un texte original jamais repris ailleurs : La Chanson des fusils. Cette chanson, retrouvée après la parution du dernier volume des Oeuvres complètes de Couté aux éditions Le vent du ch'min, est restée inédite, cependant certains des dessins de Delannoy ont été reproduits dans Un crayon de combat, aux mêmes éditions. Ce texte est à rapprocher de Nos vingt ans, de Drapeaux et du Fondeur de canons. On notera le mot d'ordre final : "Tuez ! s'il faut demain / CEUX qui vous ont mis en nos mains ! "... fait rare chez Couté qui ne l'était point dans ce périodique antimilitariste.

Le Foyer Populaire, revue hebdomadaire illustrée de la Démocratie Socialiste, est édité à Bruxelles. Dans son n°22 du 28 mai 1911, l'hebdo belge publie la chanson d'actualité Ces choses-là... qui venait de paraître dans La Guerre Sociale du 3 mai 1911.

Couté, après avoir collaboré à La Barricade de son ami Victor Méric, fut amené par celui-ci à écrire un article sur le prince des chansonniers Xavier Privas pour l'hebdo Les Hommes du Jour n°155 du 7 janvier 1911. Quelques jours plus tard, en février, sa Complainte des ramasseux de morts fut éditée dans le numéro hors série en couleurs La Guerre, avec une sobre illustration de Delannoy.

Le texte Drapeaux fut imprimé pour la première fois en 1908 dans le n°3 de La Chanson aux chansonniers, édité par le Groupe des Poètes et Chansonniers Révolutionnaires, association issue du Groupe des poètes et chansonniers socialistes, fondé en avril 1901 à l'initiative de Pierre Nitou dans une petite salle du XIe
arrondissement. Peu de temps plus tard le groupe s'installe à la salle Jules, 6 boulevard Magenta, face à la Bourse du Travail. (Cette salle Jules sera le lieu des goguettes et réunions chantantes du groupe, et dans les années 1920, le siège du premier numéro de la revue Nos Chansons dirigée par l'interprète et ami de Couté, l'orléanais Fernand Coladant). Ce groupe compte des auteurs, compositeurs et interprètes engagés dont Jean-Baptiste Clément, Xavier Privas, Jehan Rictus, Sébastien Faure. Les recherches que nous avons faites nous permettent d'avancer que Couté ne fut pas membre de ce groupe, bien qu'il figure dans des programmes auprès des chansonniers du groupe, pour des manifestations artistiques de soutien et de propagande. Couté est solidaire, certes, mais indépendant. Ce groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires éditera, entre 1905 et 10, quatre numéros de La Chanson aux chansonniers, trois numéros de La Chanson ouvrière et participera au seul numéro de l'Almanach de la Chanson du peuple pour 1907. La société chantante La Muse Rouge qui se charge de l'édition et de la diffusion des recueils et petits formats de chansons et récits du groupe.

En 1911, La Muse Rouge publie un recueil de Chansons et récits qui contient Ma vigne pousse. Cette Muse Rouge est une association de poètes et chansonniers amateurs et professionnels, anarchisants ou révolutionnaires, qui se produisent dans des galas de soutien à diverses (bonnes) causes. Quelques-uns chantent et disent du Couté, en particulier Coladant et Clovys (qui dirigea la Muse Rouge de 1919 à 1926, et fut lui-même auteur). Ils entretiennent de bonnes relations avec Couté et des professionnels proches du beauceron : Broka et Surgères (interprètes de Couté), Charles d'Avray, Paul Paillette, etc. Certains des adhérents et des amis de La Muse Rouge composent des musiques pour des textes du poète beauceron (Léon Daniderff, Gaston Dumestre, L-A Droccos, Marcel Legay), d'autres assisteront à ses obsèques parisiennes (Léon de Bercy, Eugène Lemercier, Francine Lorée - épouse de Privas -, Yon Lug, Maussa, Montéhus, Frédéric Mouret, Xavier Privas, Reybar, Jehan Rictus et bien sûr Victor Méric). C'est sous l'égide de La Muse Rouge que seront édités, dans les années 1920 et 30, les 20 numéros de Nos Chansons, dont le n° 14 de 1927 publie pour la première fois L'Odeur de fumier, texte retrouvé (et interprèté) par Coladant. Notons que le n°11 de La Muse Rouge, en 1933, publie l'inédit Nos vingt ans.

Couté a souvent été invité à participer à des spectacles, ou à se produire seul, dans le Nord de la France et en Belgique. Les chansons d'actualité sur des airs connus, qu'il publie dans La Guerre Sociale depuis juin 1910 ont un certain retentissement dans le monde ouvrier (La Guerre Sociale tire alors à 60 000 exemplaires). Nul doute qu'il est sollicité par les militants qui lui demandent des oeuvres nouvelles pour leurs organes de presse. Ainsi, il écrit le texte Mes Agneaux... pour Le Réveil Artésien, organe révolutionnaire paraissant tous les dimanches à Arras, et pour L'Action Syndicale, hebdomadaire du syndicat des mineurs de Lens. Le texte paraît le même jour, le 11 septembre 1910 dans les deux journaux. Signalons que L'Action Syndicale est dirigée par le turbulent anarchosyndicaliste Benoît Broutchoux. Mes agneaux... est reproduit page 31 du volume IV des oeuvres complètes de Couté ; on y verra qu'il était destiné à faire la publicité du Réveil Artésien qui n'en était qu'à son vingt-septième numéro. Je crois me souvenir que ce texte avait été signalé au Vent du Ch'min par l'historien Robert Brécy.

Il est vraisemblable qu'un dépouillement des périodiques révolutionnaires et syndicaux de cette époque (1900 à 1911), en région parisienne et dans le Nord (là où Couté était souvent invité) permettrait de retrouver d'autres textes inconnus à ce jour.
Chercheurs, aux archives !
                                                                                                                                    Lucien SEROUX Mai 2002

Bibliographie sommaire :
- La Guerre Sociale, un journal "contre", recueil d'articles et de dessins présenté par Raoul Vilette. éd. Les Nuits Rouges, 1999
- A travers la jungle politique et littéraire (souvenirs), par Victor Méric. 2 vol. éd. Librairie Valois, 1930 et 1931.
- Oeuvres complètes de Gaston Couté. 5 vol. éd. Le Vent du Ch'min. réédition récente des volumes IV et V.
- Autour de la Muse Rouge, par Robert Brécy, éd. Christian Pirot, 1991

Une plaque de bois , un cache et le soleil d'un été fait renaître Gaston !